Le changement climatique, ce n’est pas seulement une hausse des températures : c’est une transformation profonde et durable de notre système climatique, observée depuis le milieu du XXᵉ siècle et amplifiée par les activités humaines (GIEC, 2023).

1. Qu'est-ce que le changement climatique ?
Le changement climatique correspond à la modification durable des températures et des phénomènes météorologiques, causée en grande partie par les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines : industries, agriculture intensive, déforestation, consommation d’énergies fossiles…
Ces bouleversements ne sont pas seulement un sujet pour les scientifiques : ils touchent directement notre alimentation, notre santé et l’équilibre même de notre société.
Quelques chiffres clés
- - +1,2°C : c’est l’augmentation moyenne de la température mondiale depuis l’ère préindustrielle (GIEC, 2023)
- - Les activités humaines sont responsables de 100% du réchauffement observé (CNRS, 2022)
- - 2 tCO₂eq/hab : c’est l’objectif fixé par l’Accord de Paris pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 ; mais en France, entre les émissions territoriales et celles importées, nous atteignons 9,4 tCO₂eq/hab., soit bien plus que la moyenne mondiale (6,6 tCO₂eq) et près de cinq fois la cible
- - La France est le 8ᵉ plus gros émetteur de CO₂eq historique
- - L’agriculture et l’élevage représentent environ 23 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) (FAO, 2021)
- - L’élevage intensif à lui seul est responsable de 14,5 % des émissions mondiales (FAO) et consomme 70 % des ressources mondiales en eau douce (ONU Environnement)
2. En quoi les changements climatiques peuvent-ils impacter l’industrie agroalimentaire ?
Le réchauffement climatique agit comme un multiplicateur de risques pour la filière agroalimentaire.
Rendements agricoles en baisse
Selon l’ONU, chaque degré supplémentaire pourrait réduire la production mondiale de blé de 6 %, et celle de maïs de 7 %. En Europe, les vagues de chaleur de 2022 ont fait chuter certaines récoltes de 30 %.
Sécheresse et raréfaction de l’eau
Les épisodes de sécheresse sont de plus en plus fréquents (Ministère de la Transition Écologique, 2023). En France, 75 % des nappes phréatiques étaient à un niveau bas au printemps 2023. L’agriculture, qui consomme 45 % de l’eau douce disponible (ADEME), est directement touchée.
Ravageurs et
maladies
Le réchauffement favorise l’expansion de ravageurs (insectes, champignons) vers de nouvelles zones. Exemple : la chenille légionnaire, qui détruit les cultures de maïs, pourrait se propager dans le sud de l’Europe d’ici 2050 (IPBES).
Aléas climatiques plus fréquents
Tempêtes, inondations, gels tardifs ou précoces… Ces événements détruisent les cultures et perturbent les chaînes logistiques. Selon le CRNM, les pertes agricoles dues aux aléas climatiques ont coûté plus de 1,5 milliard d’euros à la France en 2022.
Insécurité alimentaire et hausse des prix
La combinaison de pénuries et de perturbations logistiques entraîne une flambée des prix alimentaires. Le rapport 2022 de l’ONU indique que 828 millions de personnes souffrent de faim ou de malnutrition dans le monde, un chiffre en hausse à cause de l’évolution du climat.
Ironiquement, alors que le secteur agroalimentaire lutte contre les effets du changement climatique, il doit aussi gérer son propre impact sur l’environnement : il participe directement et indirectement au déséquilibre des écosystèmes :
- - Élevage intensif (méthane émis par les ruminants, production de fourrages, transport…) ;
- - Déforestation pour l’extension des cultures et des pâturages ;
- - Production agricole gourmande en eau (par exemple, 15 000 litres d’eau pour produire 1 kg de bœuf selon l’OFB) ;
- - Utilisation massive d’engrais azotés, libérant du protoxyde d’azote, un GES 298 fois plus puissant que le CO₂ ;
- - Transport et transformation industrielle des produits alimentaires.
3. Quelle sont les moyens mis en œuvre pour répondre à cette problématique ?
Face à cette urgence climatique, plusieurs leviers d’action existent.
Analyse du Cycle de Vie (ACV) et RSE
Les entreprises du secteur s’engagent dans des démarches RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et utilisent l’ACV pour évaluer et réduire leur impact carbone, hydrique et environnemental sur l’ensemble de la chaîne de production.
Réduction de la consommation de viande
L’ADEME a modélisé différents scénarios pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Tous incluent une réduction significative de la consommation de viande au profit de protéines d’origine végétale et alternatives (légumineuses, algues, insectes).
Innovation technologique et agronomique
- - Cultures plus résistantes à la sécheresse
- - Systèmes d’irrigation économe en eau
- - Développement de produits à faible impact carbone, avec ingrédients locaux
- - Transformation énergétique des usines vers des sources renouvelables
Repenser notre façon de consommer
Réduction du gaspillage alimentaire (actuellement 10 millions de tonnes par an en France – ADEME), consommation locale et de saison, diversification des sources de protéines, meilleure valorisation des déchets organiques.
4. Un dilemme, une urgence

D’un côté, certaines innovations (protéines de synthèse = produits ultra-transformés) pourraient limiter la pénurie et la faim, mais posent des risques sur la nutrition et la santé à long terme. De l’autre, revenir à des méthodes 100 % traditionnelles préserve la qualité mais ne permettrait pas de nourrir l’ensemble de la population mondiale.
Il n’y a pas de solution unique : il faut combiner innovation, sobriété et changement de modèle agricole.
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Les défis du secteur agroalimentaire face au changement climatique