En juin 2025, l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) a publié une étude intitulée « Vers une alimentation durable : la place de la “Food Science” française dans la compétition mondiale ». Cette étude dresse un panorama complet de l’innovation dans les nouveaux aliments durables, en s’appuyant sur l’analyse de brevets, de publications scientifiques et des dynamiques industrielles en France et à l’international. C&DAC a décrypté ce rapport pour vous.
Un contexte alimentaire mondial en pleine mutation
L’économie alimentaire mondiale dépasse aujourd’hui 10 000 milliards de dollars, du jamais vu. Pourtant, d’ici 2050, près de 10 milliards d’humains devront être nourris durablement, dans un contexte de raréfaction des ressources et de bouleversements climatiques.
Selon la Food System Economics Commission (2024), la transition vers des systèmes alimentaires durables pourrait générer jusqu’à 10 000 milliards de dollars de bénéfices économiques annuels, en améliorant la santé publique, la biodiversité et la lutte contre le changement climatique.
Dans ce contexte, la “food science” – ou science des aliments – se positionne comme un levier essentiel de la transformation vers une alimentation plus saine, durable et résiliente.
La Food Science, un moteur d’innovation et de souveraineté
La food science englobe les recherches appliquées à la transformation, la conservation, la sécurité et la qualité des aliments. Elle s’appuie sur des avancées en biotechnologie, microbiologie, nutrition et ingénierie pour concevoir les aliments du futur.
En France, cette démarche s’inscrit dans le plan d’investissement France 2030, doté de 2 milliards d’euros pour l’alimentation durable. Ce plan soutient :
Ce plan soutient :
· le développement de protéines alternatives,
· la valorisation des coproduits,
· l’amélioration de la traçabilité,
· et la création d’aliments fonctionnels favorables à la santé.
Des dispositifs tels que ASTRAGAL (soutien à la preuve de concept) ou le Grand Défi Ferments du Futur traduisent cette volonté de faire émerger un écosystème national fort en foodtech et en R&D alimentaire.
L’innovation brevetée : un baromètre mondial
L’étude de l’INPI repose sur l’analyse de plus de 80 000 familles de brevets déposées dans le secteur alimentaire entre 2000 et 2022. Après une croissance spectaculaire jusqu’en 2017 (+200 %), les dépôts globaux ont marqué un léger recul, notamment en Chine.
Mais les brevets multi-pays – c’est-à-dire les innovations protégées à l’international – ont progressé de +116 %, illustrant une orientation vers des technologies à fort potentiel mondial.
Cinq domaines stratégiques émergent : les protéines végétales, les algues, la fermentation, les insectes et la viande cultivée.
Les 5 grands champs de l’innovation alimentaire
1.Protéines végétales : pilier de la transition alimentaire

Les protéines issues des légumineuses et des céréales représentent un secteur en plein essor :
+10 % de croissance annuelle des brevets, +9 % de publications scientifiques.
Les principaux acteurs sont Nestlé, DSM-Firmenich, Cargill et Roquette Frères.
La France, forte de son expertise en nutrition et procédés, consolide sa place grâce à ses programmes de recherche sur les liens entre microbiote, santé et alimentation.
2.Algues : une ressource durable en expansion

3.Fermentation : cœur technologique de la Food Science

Les leaders mondiaux – Novonesis, DSM-Firmenich, Lallemand – côtoient un écosystème français en pleine structuration, porté par le programme Ferments du Futur.
30 % des brevets multi-pays sont déposés en co-collaboration, signe d’un fort dynamisme partenarial.
4.Insectes : la nouvelle génération de protéines

5.Viande cultivée : une révolution en devenir
Encore émergent, le domaine de la viande issue de la culture cellulaire affiche une croissance exceptionnelle : +43 % de brevets par an. Les acteurs clés sont Upside Foods, Mosa Meat, Aleph Farms, et la startup française Gourmey.
Ces technologies, encore en phase de validation réglementaire, pourraient à terme bouleverser la production carnée mondiale.
La France, un écosystème d’innovation structuré et collaboratif
L’étude souligne que 85 % des brevets européens liés à l’alimentation sont validés en France, signe d’une forte orientation vers la protection intellectuelle. Les acteurs français – grands groupes, startups et centres de recherche – multiplient les collaborations. Les co-dépôts de brevets atteignent jusqu’à 30 % des familles multi-pays, illustrant une culture de coopération scientifique et industrielle.
Soutenus par France 2030 et l’INPI, ces efforts positionnent la France comme hub européen de la food science durable.
Les leviers d’avenir identifiés par l’INPI
L’étude propose plusieurs axes pour renforcer la compétitivité française :
1. Valoriser les brevets et améliorer le transfert recherche-industrie.
2. Développer les coopérations internationales pour sécuriser les innovations.
3. Former et attirer les talents en sciences alimentaires et propriété intellectuelle.
4. Miser sur la durabilité, la traçabilité et la transparence, au cœur des attentes des consommateurs.
Conclusion : la Food Science, moteur d’une alimentation durable
La food science n’est plus un simple domaine de recherche : c’est un vecteur stratégique de transition écologique, économique et sanitaire. Avec une recherche publique forte, un tissu de startups dynamiques et une politique d’innovation ambitieuse, la France dispose de tous les atouts pour devenir un leader européen de la durabilité alimentaire.
En alliant science, innovation et éthique, elle trace une voie vers une alimentation plus saine, durable et souveraine – au bénéfice des citoyens, de l’économie et de la planète.
Chez C&DAC, nous accompagnons les industriels dans leurs projets de développement de produits sains, durables et innovants.
C&DAC s’engage pour une
alimentation saine et durable. Elle met à disposition son expertise afin
d’accompagner et d’encourager les IAA à développer et à promouvoir une
meilleure alimentation.
Pour plus de renseignement, contactez nous.




Les défis du secteur agroalimentaire face au changement climatique